Une bonne idée, les bricothèques

Bibliothèques, vidéothèques, ludothèques : l’offre permettant d’emprunter des objets pour une somme modique et un temps déterminé s’étend à des domaines de plus en plus variés, et rentre peu à peu dans les mœurs, essayant de concurrencer un tant soit peu les reflexes de notre société de consommation. Mais la dernière innovation en date est assez inattendue, et ouvre de vraies perspectives à une clientèle assez diversifiée : il s’agit du bricolage, avec la création récente de bricothèques. Comment ces dernières fonctionnent-elles ? Où les trouve-t-on ? A qui s’adressent-elles ? Que proposent-elles ? Voici quelques réponses, qui vous donneront peut-être envie de fréquenter ces nouvelles structures.

Même si le but n’est pas avoué comme tel, les militants de la décroissance ne peuvent que se féliciter d’une telle initiative : pouvoir emprunter une perceuse ou une décolleuse pour une cotisation de quelques euros par an, voilà qui pallie efficacement une consommation outrancière de produits chers et inutilisés à peine 11 mois sur 12, si ce n’est encore moins. En effet, il paraît assez peu logique de dépenser des centaines d’euros pour un outil perfectionné qui servira juste une fois, au moment de l’ installation de la chambre du futur bébé ou du changement de  papier peint dans le salon. Les bricothèques proposent à ces occasions une réponse intelligente et efficace : scie sauteuse ou marteau, vous trouverez à peu près tout ce qui est nécessaire à un bricoleur du dimanche, avec en outre les conseils appropriés pour utiliser au mieux le matériel prêté. La bricothèque est ouverte à tous et met à disposition des outils variés pour un prix modique.

La première bricothèque a vu le jour en janvier 2008 dans le 13ème arrondissement de Paris, mais son succès a entrainé l’ouverture d’autres établissements du même type dans une vingtaine d’autres villes de France, et plusieurs arrondissements de Paris sont sur le point d’en être dotés à leur tour. Pourquoi un tel succès ? Le bricolage fait partie des passions des français, développant un chiffre d’affaire significatif dans ses diverses enseignes : il restait à trouver un moyen de donner à tous la possibilité d’accéder au bricolage sans pour autant dépenser des fortunes. Les bricothèques sont pour ce faire une solution pertinente. Mais leur rôle ne s’arrête pas là : à l’aspect économique s’ajoute celui du lien social, créé à travers les échanges entre adhérents, ou bien encore grâce à des ateliers organisés autour d’un thème par les associations qui gèrent la structure. Comment utiliser un pistolet à colle, résoudre un problème de plomberie, installer une étagère, voilà des sujets qui peuvent fédérer les bricoleurs débutants et permettre aux plus aguerris de valoriser leurs savoir-faire.

Mais à qui s’adressent ces bricothèques ? Il semble a priori que toutes les familles de France possèdent au moins une boîte à outils et que le réflexe pour compléter ce matériel de base soit de faire le tour, pendant le week-end, des Leroy-Merlin et autres Brico-dépôt des ZAC implantées autour des grandes villes. C’est sans compter toute une frange de la population qui n’aura pas cette démarche, comme par exemple les familles monoparentales dont le chef de famille est une femme (même si ces dernières sont de plus en plus nombreuses à acquérir une vraie pratique du bricolage au quotidien), ou les familles à faibles revenus qui ne peuvent investir dans ce qui apparait comme du superflu. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ces structures ont été mises en place au départ par les régies de quartier, associations à but social. Leur objectif est bien d’améliorer le quotidien des personnes qui se trouvent, provisoirement ou non, en difficultés économiques.

Ces structures fonctionnent à peu près toutes sur le même principe : il repose sur quelques règles simples, plus ou moins différentes selon les lieux.
• Le prêt est limité dans le temps (avec une pénalité si le délai de restitution n’est pas respecté)
• L’adhésion à l’association est d’un coût très bas mais est obligatoire
• L’emprunteur doit présenter une pièce d’identité et un justificatif de domicile
• Une caution doit être versée pour chaque prêt

Les outils disponibles peuvent être listés comme suit, avec des variantes selon les endroits :
- Perceuse - visseuse
- Perforateur
- Scie sauteuse
- Scie circulaire
- Coupe carreaux
- Ponceuse
- Décolleuse
- Pistolet à colle
- Matériel pour tapisser
- Shampooineuse à moquette
- Agrafeuse
- Testeur de tension

Les outils prêtés sont évidemment en bon état et révisés régulièrement par les membres de l’association.
D’autres établissements effectuent une classification de leur matériel selon des thèmes bien précis :
• Travaux du bois
• Perçage
• Peinture
• Nettoyage
• Jardin
• Automobile
• Outillage
• Déménagement

D’autres encore proposent des vidéos qui font la démonstration d’un outil particulier dont le client n’est pas familier, lui donnant ainsi très précisément et concrètement la marche à suivre pour une utilisation correcte.

Quoi qu’il en soit, l’idée à retenir est, comme pour la lecture et les bibliothèques, qu’il n’est pas nécessaire d’engager un investissement financier important pour se lancer dans des travaux de bricolage chez soi : il suffit de posséder un peu d’habileté, un peu de courage, quelques notions pratiques… et une bricothèque près de chez soi. Vous pourrez même vous y inscrire à un atelier avant de démarrer votre projet, ou au moins demander des conseils pour utiliser la perceuse ou la décolleuse que vous venez d’emprunter.

Pour l’instant, il n’est pas possible de trouver la liste exhaustive des bricothèques existant sur le territoire français : le plus simple est donc de vous renseigner auprès de votre mairie, ou bien de taper « bricothèque » et le nom de votre ville dans un moteur de recherche sur votre ordinateur.
Bon courage pour vos futurs travaux !


Auteur : Cathy Borie
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