Les femmes et les maladies cardio-vasculaires

Elles furent pendant longtemps l'apanage des hommes : voilà qu'aujourd'hui les maladies cardio-vasculaires sont responsables du décès d'une femme sur trois dans le monde ! Le cœur des femmes est donc bien à prendre en considération dans la prévention médicale, et nous devons tenir compte de cette menace bien réelle afin de la combattre et d'en améliorer la prise en charge.

Les constatations à ce sujet mettent en évidence le point suivant : si les femmes développent moins de maladies cardiovasculaires que les hommes, et que ces maladies se manifestent en outre plus tard dans leur vie, elles sont en revanche plus graves et les femmes en meurent plus souvent que les hommes. Et ceci est valable pour l'ensemble de la population féminine mondiale.

Les facteurs de risque propres aux femmes

Les hommes présentent plus de risques de développer ce type de pathologie, néanmoins les femmes sont aussi directement concernées à cause de facteurs spécifiques, en plus de ceux qu'elles partagent avec les patients masculins, comme le cholestérol, l'hypertension artérielle, la sédentarité, le surpoids, une alimentation trop riche, le diabète. Quels sont ces éléments particuliers ? Tout d'abord, il s'agit du déficit en œstrogènes existant à la ménopause, particulièrement si celle-ci est précoce. Ensuite le tabagisme associé à la prise de pilule contraceptive constitue une augmentation très sensible du risque de thrombose, tout en impliquant une baisse du bon cholestérol. La prise de pilule en elle-même n'est plus véritablement en cause avec les produits actuellement en circulation, mais les cigarettes à elles seules représentent un vrai fléau (augmentation du risque de 30% pour le tabagisme passif).

Les symptômes

Les signes avant-coureurs des maladies cardio-vasculaires peuvent être divers : douleur dans la poitrine ou dans le bras, comme cela est le cas chez les hommes, et moins classiquement mais bien réels, de la fatigue, une anxiété inhabituelle, de l'indigestion ou des ballonnements, une pesanteur au niveau de la poitrine ou une douleur entre les omoplates, des nausées, des maux de tête, des difficultés respiratoires. Le problème étant que les médecins ont tendance à considérer ces symptômes la plupart du temps  comme des signes de stress et à orienter leurs patientes vers des traitements contre l'angoisse plutôt que vers leur cardiologue ! Il faudrait prescrire aux femmes autant qu'aux hommes des coronographies, des angiographies et des tests à l'effort, comme cela est fait pour les hommes. Souvent sous-estimés, ces signes pré-cités devraient amener la patiente à appeler le 15, car il est bien connu que plus le temps est réduit entre l'apparition des symptômes et le traitement par les secours, meilleures sont les chances de survie.

Les chiffres :

" Plus de huit millions de femmes meurent de maladies cardiovasculaire tous les ans dans le monde, et trois millions d'un accident vasculaire cérébral.
" Avant 50 ans les femmes meurent de ces maladies deux fois plus que les hommes.
" A partir de 3 facteurs de risque conjugués, il est bon de commencer une surveillance dès l'âge de 40 ans sur le plan cardio-vasculaire.
" Ces maladies touchent les femmes environ 10 ans plus tard que les hommes en moyenne.

Comment réduire ces chiffres alarmants ?

La prévention demeure comme dans beaucoup de domaines l'axe majeur pour une amélioration de la situation. Du côté des femmes elles-mêmes, il faut absolument faire passer l'information suivante : il existe des mesures faciles pour limiter les risques de maladies cardio-vasculaires, comme éviter la consommation d'alcool ou de sel, pratiquer une activité physique modérée (marche, natation, yoga) mais régulière. Du côté du système de santé, il serait nécessaire d'exercer un dépistage systématique du risque : surveiller très régulièrement la tension des femmes, et cela bien avant l'âge de la ménopause, a fortiori si elles fument ou qu'elles sont en surpoids. Il est également essentiel de suivre en priorité les femmes ayant des antécédents familiaux. Pour cela, il faut d'une part attirer l'attention des femmes elles-mêmes sur le risque bien réel de cette pathologie encore souvent négligée, et d'autre part former le corps médical à prendre en compte ce risque dans la population féminine qui le consulte.

Une attitude préventive

Pour être plus vigilant face aux accidents cardio-vasculaires, il est bon d'avoir présents à l'esprit un certain nombre de points sur lesquels focaliser son attention.
" Surveiller son taux de cholestérol (qui doit être inférieur à 2,20 g/l si aucun autre facteur de risque n'existe)
" Prendre régulièrement sa tension (qui ne doit pas dépasser 14/9)
" Ne pas présenter de surpoids
" Ne pas fumer
" Favoriser une activité physique quotidienne, préférer les escaliers à l'ascenseur, marcher au lieu de prendre la voiture, jardiner, etc.…
" Pratiquer un sport trois fois par semaine, en pensant à s'échauffer et à modérer ses efforts
" Avoir une alimentation obéissant à certaines règles : faire 3 repas par jour, cuisiner des aliments variés, éviter les graisses et le sucre, boire de l'eau et limiter l'alcool. A propos de l'alimentation, il est intéressant de noter un point supplémentaire : la succession de régimes amaigrissants, avec perte et reprise de poids, aurait une incidence non négligeable sur l'augmentation des risques de maladies cardio-vasculaires.

En conclusion

Il est donc temps de renoncer aux idées reçues qui véhiculent l'existence du risque cardio-vasculaire comme un problème exclusivement masculin. Les femmes sont bien hélas également concernées, avec une sur trois qui en meurt contre une sur 25 qui décède suite à un cancer du sein. Il semble que, pour l'instant, les gynécologues soient les mieux placées pour sensibiliser leurs patientes à ce phénomène : elles sont au contact des femmes de l'adolescence jusqu'à la ménopause, et elles pourraient être des interlocuteurs de choix pour un travail de prévention régulier et efficace. Aux femmes aussi bien sûr de réaliser que ces maladies peuvent les toucher, afin qu'elles ne négligent pas certains conseils tout simples qui peuvent les en préserver. Pour que les femmes ne meurent plus de leurs problèmes de cœur…

Auteur : Cathy Borie http://porteplume2a.com
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