La maladie d'Alzheimer

Elle touche environ un million de personnes en France, et est devenue le nouveau fléau qui menace les personnes âgées et leur famille. Cette maladie neurodégénérative, ayant comme principaux symptômes des défaillances de la mémoire de plus en plus handicapantes, n'a jusqu'à  présent aucun traitement réellement efficace, et 160 000 cas sont détectés chaque année. Y a-t-il de nouvelles avancées qui peuvent donner de l'espoir aux malades ? Quels sont les facteurs de risques ? Comment aider les malades et leur famille en détresse ? En quoi consiste le fameux plan quinquennal mis en place par le Président de la République pour lutter contre ce fléau ?

· Le plan quinquennal ( 2008/2012) : il prévoit un budget de 1,6 milliards d'euros consacrés à la recherche et à la prise en charge des malades, à travers une amélioration du diagnostic, un meilleur accompagnement, en particulier en favorisant le soutien à domicile, une diversification des structures de soin et une coordination plus efficace de la recherche scientifique.

· Les facteurs de risque : les causes de la maladie ne sont pas simples à mettre en évidence. Il semble que plusieurs facteurs entrent en jeu : l'âge et le sexe sont les plus prégnants. 40% des malades ont plus de 90 ans. Les femmes sont plus touchées que les hommes, mais ces résultats sont peut-être faussés par le fait que l'espérance de vie de ces dernières est plus élevée que celle de leurs compagnons. En outre, le risque de développer la maladie est plus important si un parent est lui-même déjà touché. Il s'agit donc là d'une forme héréditaire, mais qui ne concernerait que 0,3% des malades.  Cependant, il a été mis en évidence des facteurs de risques génétiques liés au chromosome 10, porteur de gène de susceptibilité qui multiplierait par 16 le risque de développer la maladie. D'autres facteurs de risques semblent émerger des études faites : le niveau d 'éducation et l'équilibre psychique, auraient eux aussi une influence. Avoir fait des études, avoir des amis, garder le moral et avoir une activité physique auraient une influence bénéfique et réduiraient le risque de développer la maladie.

· Aider les malades et leur famille consiste avant tout à leur apporter une information claire. Le traitement proposé concerne d'une part la maladie elle-même et permet de diminuer les troubles de la mémoire, et d'autre part l'anxiété ou la dépression qui surviennent à cette occasion. Il s'agit ensuite de gérer au mieux le passage en institution lorsque l'autonomie du patient n'est plus possible, en moyenne 7 ans après le début de la maladie. Mais la famille peut apporter son aide en essayant de préserver l'environnement familier du malade aussi longtemps que possible, en aménageant les lieux pour limiter les risques, en évitant de le laisser se promener seul à l'extérieur et en lui faisant porter ses coordonnées en cas de perte ou de fugue. Pour les proches, il existe des associations qui peuvent apporter un soutien psychologique, les aider à comprendre le comportement du malade, leur apprendre comment réagir face à une crise, les aiguiller vers des systèmes d'aide paramédicale ou juridique.

· Les dernières avancées médicales : une recherche britannique aboutit à des essais cliniques positifs, avec un traitement qui entraînerait la réduction du déclin des capacités cognitives des malades dans une proportion de 80%. Ce médicament, le Rember, éviterait l'accumulation des protéines responsables de la destruction des cellules du cerveau. L'expérimentation va se poursuivre à plus grande échelle, et si ces essais sont concluants il pourrait être mis sur le marché en 2012,   mais c'est d'ores et déjà une véritable lueur d'espoir.

Auteur : Cathy Borie
A lire également :
Les livres
maladie alzheimerAlzheimer et les maladies apparentées, Larousse guides santé, 2007, 9,50€
maladie alzheimerLa maladie d'Alzheimer - Affronter le diagnostic, J. Selmes, Editions John Libbey, 20€
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