Nos rêves...

Les rêves ont de tout temps intrigué les hommes : cette vie parallèle que nous  semblons mener au cours de notre sommeil a donné lieu à diverses interprétations, dont la dernière en date appartient à la psychanalyse, que ce soit chez Freud ou chez Jung, faisant de nos songes des clés pour mieux comprendre notre psychisme.  Nous avons tous plus ou moins intégré le fait que, dans nos rêves, émergent nos désirs et nos peurs, qu'ils traduisent nos angoisses et que nous avons beaucoup à gagner à tenter de les déchiffrer. Penchons-nous donc ensemble sur nos rêves et leurs secrets…

Tout d'abord, que représente la part que nous passons à rêver pendant une nuit de sommeil ? Nous savons que les rêves ont lieu pendant la phase dite de sommeil paradoxal, qui  représente moins d'un tiers du temps où nous dormons, et qui revient toutes les 90 minutes environ. Nous rêvons une petite vingtaine de minutes à chacun de ces cycles, soit environ un peu plus d'une heure et demie par nuit. La durée d'un film… Si on totalise ces durées quotidiennes, nous obtenons plusieurs années de notre vie passées à rêver (environ 5 ans), ce qui est loin d'être négligeable ! Nous en aurons vécu, des aventures les yeux fermés !

Mais quelle fonction a le rêve pour notre organisme ? Les scientifiques n'ont pas encore toutes les réponses, mais il semblerait que son rôle ne soit pas uniquement d'équilibrer notre psychisme. Les rêves en effet auraient une influence sur la mémorisation et sur le traitement des informations accumulées au cours de la journée. Il n'en reste pas moins que les psychanalystes en font des fenêtres sur l'inconscient, permettant de dévoiler notre face cachée ou de découvrir des aspects de nos relations avec les autres et avec les évènements. Essayer de se souvenir de nos rêves peut donc être utile au cours d'une psychothérapie, ou même dans une période de réflexion et d'introspection : c'est une façon d'être à l'écoute de soi-même. Mais attention, il n'existe pas de " clé des songes " universelle, seulement des pistes individuelles, à mettre en parallèle avec le vécu et les émotions de chacun.

Nos rêves sont donc plus ou moins conditionnés par notre vie quotidienne, par notre façon de ressentir  ce que nous vivons. Mais comment faire pour se souvenir de nos rêves ? Certaines personnes affirment ne pas rêver : en fait, tout le monde rêve, mais on ne se souvient pas toujours du contenu de cette vie nocturne. Pour ceux qui ont envie de stimuler cette mémorisation et qui sont curieux d'avoir accès à cette partie de leur psychisme, il existe quelques trucs afin de  les y aider. Commencez par l'autosuggestion, en vous répétant avant de vous endormir " je vais me rappeler mes rêves de cette nuit ". Au moment de votre réveil, essayez de vous rappeler des images, des émotions, ceci avant de vous replonger dans le rythme actif de la journée. Evitez bien entendu de vous faire réveiller par une sonnerie de réveil, qui est le plus sûr moyen pour que vos rêves s'envolent avant que vous n'en ayez pris conscience. De toute façon, les rêves ne restent pas bien longtemps en mémoire, à moins de les noter ou de les raconter immédiatement après. Il est parfois intéressant d'avoir un carnet à portée de main pour les y écrire ou pour noter juste quelques détails qui vous aideront à retrouver l'ambiance du rêve.

Les cauchemars en revanche ont tendance à marquer  notre mémoire de façon plus prégnante : il faut dire que la peur a pour effet d'entrainer un réveil brutal, et que nous avons alors en tête les images désagréables et angoissantes qui nous ont effrayées. Tout le monde fait des cauchemars de temps à autre, mais s'ils sont à répétition, cela vaut le coup de s'y intéresser d'un peu plus près : ils peuvent être alors le signe d'un  événement traumatisant ou d'une angoisse importante, dont on peut essayer de se débarrasser. Il en est de même des rêves récurrents : pas forcément violents ni effrayants, ces derniers se contentent de revenir régulièrement au cours de nos nuits, comme s'ils voulaient délivrer un message que l'on ne comprend pas immédiatement. Dans le cadre d'une psychothérapie par exemple, le thérapeute vous aidera à trouver le sens de ce rêve, en travaillant sur ses différentes significations, en liaison avec votre vécu et vos émotions.

Et les rêves éveillés ? Il ne s'agit plus là tout à fait d'un rêve comme ceux qui peuplent notre sommeil, mais d'une démarche volontaire utilisée par la psychothérapie pour comprendre les mécanismes intérieurs d'un patient et l'aider à aller vers un mieux-être. Révélateur de sa personnalité profonde, le rêve apporte un éclairage important sur le patient en permettant de décrypter les messages ainsi délivrés. On amène le patient par la relaxation vers une profonde détente, qui induit un état intermédiaire entre éveil et sommeil, favorisant l'apparition d'images, de rêveries, tout en maintenant l'état de conscience, et le patient raconte ce qui se passe sur son écran intérieur. Le thérapeute le guide ensuite pour interpréter le langage symbolique qui a émergé au travers du scénario dont le patient a  fait le récit. Cette technique aide à résoudre des problèmes tels que la succession d'échecs amoureux, des situations professionnelles compliquées, des relations familiales tendues, par exemple.

Mais le psychisme n'est sans doute pas seul en cause dans la nature et la qualité des rêves : en effet, une journée sereine vous apportera certainement tout autant un bon sommeil que des songes agréables. Pour faire de doux rêves, favorisez donc un sommeil de qualité : mangez léger et préférez les sucres lents qui aident à la production de l'hormone du sommeil, ne vivez pas de moments stressants avant de vous mettre au lit (disputes, films d'horreur, etc.) et soignez votre environnement, qui doit être calme, aéré et douillet. Vous aurez alors bien plus de chances de vous envoler vers des rêves pleins de douceur et de magie…

Auteur : Cathy Borie http://porteplume2a.com
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