Les nouvelles grands-mères

L’espérance de vie augmente, les femmes vieillissent mais demeurent en pleine  forme, et elles ne correspondent plus à l’image d’Epinal de la grand-mère gâteau, tricotant au coin du feu et cuisant des tartes et des ragouts pour ses petits-enfants. Cependant, elles ont d’autres tours dans leurs sacs et d’autres cordes à leurs arcs !
Qui sont les nouvelles grands-mères ? Que font-elles avec leurs petits-enfants ? Et quels conseils leur donner pour qu’elles soient des mamies modernes mais inoubliables ?

Il est fini le temps des grands-mères style « Petit Chaperon Rouge », avec bonnet de dentelles, lunettes rondes, chat ronronnant près de la cheminée, et une cuillère à la main pour touiller les confitures. Le jeunisme a contaminé même les mamies, et elles ont laissé tomber le chignon et la blouse fleurie pour le jean et un look plus branché. D’ailleurs, la plupart du temps, les grands-mères actuelles sont des femmes encore actives professionnellement, elles pratiquent un sport régulier, elles ont une vie sociale riche, qu’elles soient encore en couple ou non. Pour résumer ce rapide portrait, elles sont femmes avant d’être grand-mères, et les petits-enfants représentent une composante supplémentaire dans leur vie, et non ce sur quoi elles vont reporter tous leurs manques, leur nostalgie ou leur insatisfaction.

Tout ceci ne les empêche nullement de constituer un passage de relais pour la tradition,  l’histoire familiale, ancrant ainsi les enfants dans le déroulement de leur lignée, leur faisant prendre conscience qu’ils font partie d’une famille, réunissant deux histoires familiales et établissant des passerelles entre les différents membres de la tribu. Mais elles ne le font pas au détriment de leur vie personnelle, elles continuent de s’entretenir physiquement, de prendre soin de leur santé, de se cultiver, de s’épanouir, ce qui est après tout un bon moyen de donner le meilleur de soi-même aux autres, et en particulier aux petits-enfants. Les nouvelles grands-mères sont devenues des personnes à part entière, et pas seulement des baby-sitters que l’on appelle au dernier moment, des pâtissières du dimanche ou des oreilles attentives occasionnelles. Elles s’occupent de leurs petits-enfants par choix et non par obligation, elles cherchent à les surprendre et à leur faire découvrir des expériences nouvelles,  elles ne remplacent pas les parents mais les complètent.

Il n’en reste pas moins que ce rôle, bien qu’obéissant à de nouvelles règles, ne s’improvise pas, et que certains conseils sont bons à prendre dans l’intérêt de tous.

Premier point : trouver un juste milieu entre un investissement intensif au près des petits-enfants et une distance sereine. Les grands-mères « nouvelle génération » sont certainement moins intrusives que celles d’antan, car elles ont moins de temps, mais aussi parce que leur énergie sert d’autres objectifs. Toutefois, si elles veulent jouer un rôle auprès des petits-enfants, elles doivent avoir une certaine disponibilité. Ce qui ne veut pas dire répondre présente à tout bout de champ (sauf urgence évidemment !) : il peut être commode de fixer un jour de la semaine réservé à ces instants privilégiés, ou bien un week-end par mois si l’éloignement géographique est plus important, ou encore des congés scolaires bien précis. Cette bulle de temps sera un espace précieux et attendu par tous, et l’organisation permettra un contenu choisi avec soin et satisfaisant pour chacun.

Second point : éviter les conflits et les discussions polémiques sur l’éducation donnée par les parents, même si elle ne vous paraît pas conforme à vos attentes, et surtout différente de ce que vous avez prôné vous-même. Vous imposez vos règles chez vous, mais vous ne critiquez pas celles des parents devant les enfants. Ces derniers sont tout à fait capables de gérer les différences, et c’est à ce prix que vous conserverez des relations apaisées avec vos enfants et la confiance de vos petits-enfants.

Troisième point : ne pas se mettre en compétition avec la grand-mère de l’autre branche de la famille. Vous avez chacune des atouts et des lacunes. Elle fait mieux la cuisine mais vous êtes passionnée de peinture : à elle les recettes de bœuf bourguignon et les soirées crêpes, à vous les visites de musées et les ateliers barbouillage ! C’est votre complémentarité qui enrichira vos petits-enfants.

Quatrième point : apprendre à utiliser leurs armes. Les nouvelles technologies ne font plus peur aux seniors, et ils sont un lien de choix entre les générations. Téléphone portable, ordinateur, iPod, autant de moyens de rester en liaison avec vos petits-enfants et le reste de votre famille. Les nouvelles grands-mères savent surfer sur le net et envoyer des SMS !

Cinquième point : ne pas négliger la composante humaine. Il est un rôle qui sans doute perdurera chez les mamies de 2050, comme elle l’endossait au siècle dernier, celui de confidente et de médiatrice. Même les ados racontent plus facilement leurs petits secrets à leur grand-mère qu’à un de leurs parents, et ils écoutent plus volontiers leurs conseils, qu’ils savent dénués de toute  composante autoritaire. Avoir l’oreille aux aguets pour accueillir ces confidences est donc une priorité. Pour autant, il est fortement déconseillé de se prévaloir d’une influence allant à l’encontre de ce que souhaiteraient les parents. Au contraire, jouer les intermédiaires, avec habileté et discrétion, peut faire partie du rôle de la grand-mère : arrondir les angles, déjouer les conflits, favoriser la communication, aider à prendre du recul, mettre de l’huile dans les rouages… Vous possédez plus que d’autres une certaine sagesse nécessaire à cette fonction d’apaisement et d’ouverture.

Alors, les nouvelles grands-mères ? Elles sont à l’image des femmes du nouveau millénaire dans nos sociétés modernes : plus libres, plus dynamiques, plus ouvertes, multiples et complexes, mais toujours prêtes à distribuer largement de l’amour à leurs petits-enfants, et peu importe sous quelle forme…


Auteur : Cathy Borie
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