Partir en pèlerinage : un ressourcement physique et spirituel pour les seniors

Conséquence logique de la vie dans une société tout entière fondée sur le profit, le matérialisme et la consommation, nombre de personnes cherchent à se rapprocher de l'essentiel de valeurs qu'elles avaient peut-être mises en sommeil depuis - trop - longtemps. Partir sur les chemins spirituels peut alors leur fournir l'occasion de faire une pause dans leur vie habituelle, de réaliser une manière de bilan d'une vie dont parfois on ne saisit plus très bien le sens et de se lancer à la rencontre du monde, des autres et d'elles-mêmes.

Chacun possède au plus profond de sa mémoire ces images d'Epinal issues de films ou de publications religieuses ou touristiques représentant des pèlerins sac sur le dos arpentant les chemins poussiéreux de la Meseta en Espagne, à destination de Saint-Jacques de Compostelle. Pour la plupart d'entre nous, surtout passé un certain âge, le réflexe immédiat consiste à considérer ces pèlerins avec ironie voire un dédain mâtiné pourtant d'une touche d'admiration : pensez donc ! Parcourir mille, voire deux milles kilomètres à pied ou à vélo, il faut être fou : j'en serai bien incapable !

Pourtant chacun, quel que soit son âge et son état physique, peut se lancer dans cette aventure qui, comme toutes les aventures, se prépare avec minutie et sérieux. Point n'est nécessairement besoin d'être pétri de religiosité ou de se trouver en recherche spirituelle pour se lancer sur les chemins sacrés : il n'est pas besoin non plus de partir très loin de chez soi, du moins dans un premier temps. Il existe des sanctuaires dans chaque région de France, qui permettent à chacun, au gré d'une marche de quelques dizaines de kilomètres, de prendre le temps de se recentrer sur soi, de laisser transpirer à la fois sa sueur et ses états d'âme dans un acte de purification à l'efficacité fort étonnante, dans une manière d'expulsion volontaire d'un monde social accablant, démoralisant ou aliénant vers un monde plus vaste et plus enrichissant.

L'aventure - y compris spirituelle - est au coin de la rue, c'est bien connu. Une fois accompli l'acte volontaire qui consiste à abandonner provisoirement famille, foyer, voire pays ; il ne reste qu'à se lancer. Les chemins ne manquent pas, ne serait-ce qu'en France : chemins millénaires de Saint- Jacques de Compostelle bien sûr (quatre voies principales existent : Le Puy-en-Velay, Vézelay, Arles, Tours), Lourdes, Les Saintes Maries de la Mer pour le pèlerinage annuel des gens du voyage,  les grandes cathédrales (Chartres, Reims, Paris…), la ville natale des saints ou les églises dans lesquelles reposent leurs reliques… Plus loin, c'est la ville sainte, Rome, qui vous attend ; plus loin encore la Terre Sainte : Jérusalem, Bethléem et les lieux sacrés des trois religions monothéistes. Et pour les plus aventureux et les plus sportifs, il est possible de se rendre jusqu'en Extrême-Orient et d'emprunter la voie qui fait se rejoindre Lhassa au Népal et Katmandou au Tibet, en passant par le lieu saint des hindouistes et des bouddhistes : le Mont Kailash.

Que votre âge ne soit pas une source d'inquiétude : chaque année, plusieurs centenaires arrivent à Saint-Jacques de Compostelle après avoir parcouru parfois plusieurs centaines de kilomètre à pied ; et les chemins de Saint-Jacques sont fréquentés essentiellement par des retraités, en groupe ou solitaires. Chacun doit simplement avancer à son rythme, conscient de ses faiblesses et de ses forces, constamment à l'écoute de ses sensations. Bien convaincu également du fait qu'il ne s'agit pas là d'une course de vitesse mais bien plutôt d'une épreuve de lenteur ; car c'est dans la lenteur et le silence qu'on est à même d'apprécier les multiples beautés du monde, celui-ci fut-il extérieur ou intérieur à nous même.

A pied, à vélo ou à cheval, il n'est jamais trop tard pour repartir sur de bonnes bases !
 
Auteur : Frédéric ERNOULD     fredernould@gmail.com
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