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Qu’on soit encore dans la force de l’âge ou qu’on appartienne à la catégorie des seniors, le bêchage représente pour les jardiniers amateurs la corvée la plus pénible de la saison. Dès les premiers rayons du soleil au mois de mars, ceux qui n’ont pas eu la prévoyance de bêcher à l’automne ressentent l’angoisse causée par cette désagréable obligation de ressortir bêche ou grelinette et d’affronter la brise encore piquante de la fin de l’hiver. Angoisse d’autant plus importante lorsque les problèmes de lombaires se font ressentir, l’âge venant…

Les bonnes nouvelles se font rares par les temps qui courent : et bien en voilà une qui ravira les jardiniers au dos fragile : le bêchage de vos jardins est tout-à-fait, irrémédiablement et définitivement SU-PER-FLU. Il faut en effet savoir que du point de vue de la biologie des sols, non seulement cette désagréable corvée s’avère inutile mais qu’elle est néfaste à l’équilibre microbiologique du terrain. Laissez donc vos bêches et grelinettes à la remise et adaptez un autre mode de culture, à la fois davantage respectueux de votre terrain et de votre propre corps : le semis direct.

Explication.

La partie la plus riche de votre terre se situe en superficie du sol, entre la surface et les 5 ou 6 premiers centimètres de profondeur : c’est la partie humifère (la plus chargée en humus). La raison, toute logique, de cette richesse organique, repose en partie sur la décomposition des éléments qui se décomposent naturellement à la surface du sol (feuilles, paille, branchages, etc.) mais également sur le fragile équilibre instauré par l’activité biologique qui existe sous la surface ; acariens, insectes mais surtout les vers de terre qui fertilisent le sol en transformant grâce aux enzymes présents dans leur intestin les substances minérales en humus. Véritables bêcheurs professionnels, ces précieux vers de terre, présents dans les sols « propres » (c’est-à-dire non chargés en pesticides et engrais chimique) à raison de 2 tonnes par hectare s’emploient donc à aérer votre terrain de façon bien plus efficace que ne le ferait le plus vaillant des jardiniers…


Que se passe-t-il lorsque vous retournez la terre ?

N’ayant plus besoin de remonter à la surface pour se nourrir, les vers de terre demeurent dans le sol profond et ne transforment donc plus la surface en humus : le sol s’appauvrit. Deuxième conséquence, la surface n’étant plus aérée et rendue poreuse par ces mêmes vers, durcit, empêchant la pénétration des eaux de pluie : l’eau stagne en surface voire, lors des orages importants, emporte la terre vers les cours d’eau ou dans les égouts.

Alors que faire ?

Pour remédier à ces conséquences fâcheuses, le choix le plus sage consiste donc à s’abstenir de tout bêchage et de ne même pas toucher au sol. Et pour remédier à l’envahissement des adventices (également appelées « mauvaise herbes », bien à tort), vous avez l’option de semer entre deux cultures un engrais vert tel que la moutarde et la luzerne par exemple, que vous faucherez et laisserez sur le terrain le moment de la récolte venu. Mieux encore, vous sèmerez dès l’automne une graminée comme l’avoine d’hiver, dont vous récolterez les épis au début du printemps et laisserez la paille sur le terrain. La densité racinaire de cette plante étouffera toute prolifération d’herbes indésirables. Vous procèderez ensuite au semis direct de vos graines de légumineuses et à mis en place de vos plants habituels, dans la paille même. Vos plants bénéficieront ainsi d’un engrais vert efficace, vous pourrez diminuer l’arrosage et le sol s’enrichira année après année d’un humus tout frais. Et pour vous : finie la corvée de bêchage. Pourquoi faire ce que la Nature peut faire à votre place ?

Pour finir de vous convaincre, pensez aux arbres immenses qui forment la forêt amazonienne : ont-ils jamais eux besoin de bêchage ou d’ajout d’engrais chimique dans le sol? Et plus proche de nous : nos terrains vagues ont-ils besoin de bêchage pour se couvrir de végétaux lorsqu’ils sont laissés à l’abandon ? La Nature a horreur du vide, plutôt que de laisser un sol nu, semez-y des végétaux utiles entre deux cultures et vous vous épargnerez du temps… et bien des courbatures !


Auteur : Frédéric ERNOULD  fredernould@gmail.com
jardinage bio
Le semis direct : une alternative heureuse au bêchage du jardin