Vivre sa retraite à l'étranger

L'heure de la retraite a sonné, et nombre de seniors envisagent fréquemment de réaliser un de leurs rêves : pour certains ce sera un voyage autour du monde, pour d'autres il s'agira de se mettre à l'écriture ou à la peinture,  pour d'autres encore de partir vivre à l'étranger. De plus en plus de Français choisissent cette dernière solution : ils poursuivent de cette façon différents objectifs, personnels et familiaux. Qu'il soit question de changer de climat, d'améliorer leur qualité de vie, de rejoindre leurs enfants au bout du monde ou de vivre un vieux rêve, les seniors qui partent s'installer à l'étranger sont une réalité. Que cherchent-ils ? Comment s'y prendre pour y parvenir ? Quels sont les problèmes qui se posent ?

Les chiffres sont révélateurs : plus de trente mille retraités français vivent au Maroc. D'autres ont préféré l'Italie, la Tunisie, l'Espagne, la Grèce… Comme on peut le constater, les destinations ensoleillées sont privilégiées. Mais le climat ne représente  pas le seul facteur de choix : les pays cités offrent également un niveau de vie très correct et accessible à ces retraités au pouvoir d'achat en baisse. L'Asie est une alternative tentante, alors que les Etats-Unis ou les pays scandinaves ne sont pas plébiscités, du fait du coût de la vie comparable à celui de la France, et sans doute de leur manque d'exotisme. Les DOM TOM rencontrent aussi un vrai succès, puisqu'ils cumulent l'exotisme, l'ensoleillement et la simplicité administrative. Mais les pays qui remportent les suffrages cumulent trois critères : le soleil, la proximité, et les avantages économiques. En effet, les seniors ont envie de s'expatrier, mais pas forcément de devoir faire 12 heures d'avion ou plus pour rendre visite à leurs proches restés en France. Enfin, certains   voient aussi dans ce départ pour d'autres cieux une façon de recommencer leur vie ailleurs, autrement, en faisant de nouvelles connaissances et pratiquant d'autres activités dans un cadre neuf et régénérant.

Mais quelles sont les démarches à effectuer pour pouvoir profiter de sa retraite en vivant à l'étranger ? Il est tout à fait légal de toucher sa pension de retraite si l'on ne réside pas en France, vous pouvez même la faire verser au choix sur un compte bancaire domicilié en France ou dans votre nouveau pays de résidence. C'est à vous d'en faire la demande à votre caisse de retraite, puis de fournir chaque année à celle-ci une " attestation d'existence " complétée par l'administration locale afin que le versement de votre pension ne soit pas interrompu.

En ce qui concerne les impôts, les choses s'avèrent un peu plus compliquées, selon le pays d'accueil et les conventions fiscales qui existent entre la France et ce dernier. Dans le cas où rien n'est mis en place, il est possible que vous soyez imposés doublement. Quoi qu'il en soit, le cas général stipule que vous paierez vos impôts en France si vous y séjournez plus 183 jours par an, ou si vous possédez des biens sur le territoire français. Pour en savoir plus, allez jeter un œil sur le site Internet du ministère des Finances, en fonction du pays qui vous intéresse.

Du point de vue de votre couverture santé, et si vous choisissez de vous établir hors de l'Union Européenne, vous aurez intérêt à cotiser à la Caisse des Français à l'étranger (CFE), afin de bénéficier des mêmes remboursements que si vous résidiez en France : frais médicaux divers, frais pharmaceutiques. Mais attention, la CFE rembourse vos frais en se basant sur les tarifs appliqués en France, et  vous devrez peut-être dans certains cas souscrire une assurance complémentaire. Vous pouvez aussi vous renseigner sur les accords bilatéraux passés entre le pays que vous avez choisi et la France.

Enfin, concernant les droits de successions, les choses se compliquent légèrement : vos biens situés en France continuent d'obéir aux règles du droit français, mais ceux qui seront sur le sol étranger pourront être régis par d'autres lois. A vous de vous renseigner auprès d'un spécialiste sur la réalité de votre situation et d'envisager ensuite les dispositions à mettre en place.

Les obstacles : il en existe quelques-uns. Les principales craintes évoquées par les candidats éventuels à la retraite à l'étranger  sont essentiellement en liaison avec les relations amicales et familiales. En effet, le départ à la retraite représente déjà pour les seniors une rupture du lien social, et ils redoutent de voir s'y ajouter l'éloignement avec leurs proches qui augmenterait encore leur impression d'isolement.

D'autres citent, en moins grand nombre, les différences culturelles et la peur de l'ennui : pour pallier cela, plusieurs solutions, proposées sur place ou à trouver soi-même. La difficulté d'intégration existe réellement dans certains sites : passer des vacances à l'étranger est une chose, y vivre au quotidien en est une autre. Cependant, de plus en plus d'infrastructures sont créées pour aider les seniors expatriés à s'acclimater à leur nouvelle vie. Village " spécial retraités " au Maroc, association et club en Thaïlande, actions de bénévolat de la part des seniors pour venir en aide aux populations locales, le secret est de ne pas se laisser aller à la passivité et de mener une retraire active. Autre possibilité : l'expatriation temporaire, qui permet de se partager entre un lieu que l'on connaît bien et où l'on a ses habitudes, et le pays dont on rêve mais qui n'est pas synonyme de quotidien.

Quoi qu'il en soit, vivre sa retraite à l'étranger continue de susciter l'engouement de nombreux séniors, dont le nombre semble croitre d'année en année. Comme tout projet d'envergure qui engage des modifications importantes dans la vie quotidienne, celui-ci mérite qu'on étudie de près les conséquences qu'il implique, au cas par cas : pour autant, il serait dommage de se laisser décourager par quelques complications souvent faciles à résoudre, au regard de ce que peut apporter une aventure  qui ressemble à un beau voyage au long cours, une sorte d'année sabbatique… renouvelable sans limites !

Auteur : Cathy Borie