On reçoit régulièrement la même question : « Est-ce qu’on va me retirer mon permis parce que j’ai 70 ans ? » La réponse courte, en 2026, est non. Aucune visite médicale n’est imposée en France aux conducteurs du seul fait de leur âge.
Le permis B reste valable sans limite de durée, que l’on ait 70, 80 ou 90 ans. Comprendre ce qui existe réellement, ce qui pourrait changer et comment anticiper permet d’aborder le sujet sans stress inutile.
A lire également : Les meilleures techniques pour bien bander une cheville après entorse
Signalement préfectoral : le vrai déclencheur d’une visite médicale après 70 ans
La confusion vient souvent de là. Il existe bien des visites médicales liées au permis de conduire, mais elles ne dépendent pas de l’âge. Seul un signalement auprès de la préfecture peut imposer un contrôle médical, quel que soit l’âge du conducteur.
Trois acteurs peuvent signaler un doute sur l’aptitude à conduire : un médecin traitant, un proche, ou les forces de l’ordre après un incident. Le préfet peut alors demander au conducteur de consulter un médecin agréé.
A lire en complément : Faut-il avoir peur des effets secondaires d'Azinc Senior après 70 ans ?
Ce médecin n’est pas le médecin traitant. On prend rendez-vous avec un praticien figurant sur la liste préfectorale, consultable en mairie ou sur le site de la préfecture. La consultation n’est pas remboursée par l’Assurance maladie.
Déroulement concret de l’examen
Le médecin agréé vérifie la vue (acuité, champ visuel), l’audition, la mobilité articulaire et les capacités cognitives de base. Si un doute persiste, il peut prescrire des examens complémentaires, comme un bilan ophtalmologique.
À l’issue de la visite, trois résultats possibles :
- Aptitude confirmée sans restriction : le permis reste valide tel quel
- Aptitude avec restriction (port de lunettes, conduite diurne uniquement, limitation géographique) : une mention est ajoutée sur le permis
- Inaptitude temporaire ou définitive, avec possibilité pour le conducteur de contester via les voies de recours prévues par la réglementation
Ce dispositif n’est pas récent et concerne toutes les tranches d’âge, pas uniquement les seniors.

Directive européenne 2025 : ce qui va réellement s’appliquer en France
Le Parlement européen a adopté en octobre 2025 une directive prévoyant un renouvellement du permis tous les quinze ans, avec une vérification d’aptitude à chaque échéance. La France doit transposer cette directive, mais dispose d’un choix sur la méthode.
Deux options sont sur la table. Première possibilité : une visite médicale classique chez un médecin. Seconde possibilité : une auto-évaluation, c’est-à-dire un questionnaire de santé rempli par le titulaire du permis.
Calendrier de mise en œuvre
Début 2026, la transposition en droit français n’est pas finalisée. Les retours varient sur ce point : certaines sources administratives évoquent un délai de deux ans, d’autres une application progressive. Aucun texte de loi français n’a encore fixé de date ni de modalité précise.
Aucune visite médicale liée à l’âge n’est exigible en France aujourd’hui. Si un courrier ou un appel téléphonique vous demande de passer un examen « obligatoire » payant, il s’agit probablement d’une arnaque. La convocation passe toujours par la préfecture, jamais par un organisme privé.
Permis poids lourds et cas particuliers : les exceptions à connaître
Pour les titulaires d’un permis C (poids lourds) ou D (transport en commun), la règle change. Une visite médicale périodique est obligatoire pour les permis C et D, indépendamment de l’âge du conducteur.
Certaines pathologies déclenchent aussi un contrôle médical pour le permis B :
- Diabète sous insuline, avec un suivi régulier de l’aptitude à la conduite
- Troubles neurologiques diagnostiqués (épilepsie, AVC récent)
- Pathologies cardiaques ayant nécessité la pose d’un défibrillateur ou un pontage
- Troubles visuels sévères (perte de champ visuel, acuité très réduite)
C’est la pathologie qui déclenche la visite, pas l’âge. Le médecin traitant informe le patient de son obligation, et la préfecture peut exiger un certificat de compatibilité avec la conduite.
Anticiper sans attendre la loi : bilans de conduite volontaires pour seniors
Plusieurs auto-écoles proposent des stages de remise à niveau conçus pour les conducteurs âgés. Ces sessions, payantes, incluent un parcours en ville et sur route avec un moniteur, suivi d’un échange sur les habitudes de conduite.
On identifie soi-même les situations devenues difficiles : insertion sur autoroute, ronds-points complexes, conduite de nuit. On peut ensuite adapter ses trajets quotidiens pour éviter les axes les plus exigeants.
Consultation volontaire chez le médecin traitant
Rien n’empêche de demander à son médecin traitant un bilan orienté conduite. Un test de vue, un contrôle de l’audition et une évaluation rapide de la réactivité suffisent à se rassurer ou à prendre des mesures correctives (nouvelles lunettes, appareil auditif). Un bilan volontaire reste confidentiel et n’entraîne aucun signalement préfectoral.

Le permis de conduire après 70 ans ne fait l’objet d’aucun retrait automatique ni d’aucune visite médicale obligatoire en France début 2026. La directive européenne modifiera probablement le cadre dans les années à venir, mais les modalités françaises restent à définir. Prendre les devants avec un bilan volontaire et rester attentif à sa santé visuelle et cognitive reste la démarche la plus concrète pour continuer à conduire en toute confiance.

